BEN FATTO AURÉLIE !

-

Performances d’Aurélie aux JO

  • descente : médaille d’argent
  • super G : médaille d’argent
  • super combiné : médaille d’argent
  • slalom géant : médaille de bronze
  • slalom : une belle 5 ème place

Aurélie, nous attendons ton retour sur tes terres Queyrassines avec une grande impatience et avec une joie plus grande encore.

Tu nous avais habitués depuis quelques années à de remarquables performances. Et cette saison 2025-2026 avec le Globe de cristal en descente et le Grand globe pour l’ensemble des compétitions auxquelles tu as participé tu nous préparais à de très fortes émotions et de très grands espoirs pour les jeux paralympiques de Milan-Cortina.

Et nous n’avons pas été déçus !

Devant nos postes de télévision, chez nous ou sur grand écran à la salle des fêtes de Ceillac qui jouxte l’école primaire que tu as fréquentée, nous avons suivi avec enthousiasme et émotion « tes descentes ». Au point d’en oublier le café, les jus de fruits, les gâteaux offerts par les Amis de Ceillac et Jazz and cheese.

Les réseaux sociaux et la presse ont largement partagé chacun de ces instants.

Les yeux rivés sur l’écran, nous avons suivi le souffle court les écarts qui s’affichaient, croisant les doigts pour que tu arrives au bout de ces pistes sur lesquelles tu t’élançais sans retenue et toujours avec ce sourire qui ne te quitte pas, au point que les commentateurs t’ont surnommée « sourire ambulant »…

Oui, tu nous as fait vibrer et les jeunes supporters de « la Ruche du Cristillan », ton école, partageaient l’enthousiasme de ta grand-mère Josette présente à leurs côtés. De ta maman, de ta sœur et d’André qui arborait fièrement un tee shirt « Ceillac » à Cortina, de ton papa et de ton frère jumeau, de tes grands parents gapençais.

Si les médias ont très rarement évoqué Ceillac, ton village, tous ceux qui, partout dans le pays suivent ta brillante carrière sportive, depuis quelques années savent que tu es « de Ceillac », « du Queyras », « des Hautes-Alpes ».

Ce sont les valeurs profondes de ces terroirs et l’éducation que tu as reçus qui ont fait de toi une si belle personne au-delà même de ton prestigieux palmarès. Ta famille, tes éducateurs, tes entraîneurs sont comme nous tous fiers de toi.

Alors, une fois encore bravo pour tes brillants résultats, pour ton enthousiasme, ton sourire communicatif. Et merci de nous avoir offert ces moments de rêve et de bonheur.

Tu étais dans nos cœurs, tu rentres dans notre histoire.

Tes amis de Ceillac et d’ailleurs

A écouter, cette interview d’Anne Lamotte (France Info), diffusée le 14 mars (version audio) :

Le portrait actu de France Info ce matin, celui de la skieuse paralympique Aurélie Richard. Avec déjà quatre médailles en quatre courses aux jeux paralympiques de Milan Cortina, la championne vise le grand chelem avec une cinquième médaille aujourd’hui dans le slalom. Un palmarès déjà impressionnant pour celle qui est la benjamine de la délégation française, elle a 20 ans. Son portrait signé pour France Info par Anne Lamotte.

Aurélie Richard le dit simplement : sa passion, c’est le ski. Elle n’en a pas d’autres et elle le dit avec le sourire. Un sourire indéfectible. On l’entend même dans sa voix comme ici dans le podcast Tribune et Podium : « Mon sport, c’est ce qui me permet d’être libre. Je l’adore parce qu’il y a de la vitesse, il y a de l’adrénaline et puis on est au milieu de la montagne. Et donc, je peux profiter des beaux paysages et avec les copains, c’est cool. »

Avec les copains, cela a toujours été cool. Aurélie Richard grandit à Ceillac, un tout petit village des Hautes-Alpes. 270 habitants, une quinzaine de pistes de ski. Numéro un dans son cœur, la piste de Sainte-Anne, pas la plus difficile, c’est une bleue, mais elle l’a tellement descendue. Il faut dire qu’Aurélie Richard a deux ans et demi quand elle monte sur des skis pour la première fois. Dans la foulée, elle entre au club local. Ecoutez la joie quand elle en parle dans cette vidéo trouvée sur le site de l’association les Amis de Ceillac : « Sur Ceillac, on est un petit groupe de jeunes et on s’entend très depuis qu’on est tout petits. On a commencé le ski quasiment tous en même temps ; tous au club en même temps. On s’entendait super bien donc on avait envie d’aller tous les jours au club pour voir les copains. Et forcément, quand on a envie d’y aller, on progresse assez vite. Et quand il y a une bonne ambiance, le ski derrière ça va bien. »

Aurélie Richard se souvient de sa première compétition. C’est encore une enfant, il y a tous les ski-clubs du coin, les bonbons à l’arrivée et la coupe aussi, car ce jour-là, c’est elle qui gagne. Aurélie skie avec un seul bâton. il lui manque l’avant-bras gauche. Elle est née comme ça. Cela s’appelle une agénésie. A la place, elle porte une prothèse en forme de gros poing. Mais petite, elle s’entraîne avec les valides comme son frère jumeau, par exemple. Pas de traitement particulier de la part des parents. A l’époque, ils tiennent une ferme laitière. Nadège et Jean-Yves :

Jean-Yves : « On n’a pas fait cas de son handicap. On l’a laissée vivre. Si elle avait besoin, c’était elle qui nous demandait, on ne l’a pas forcément assistée. »

Nadège :   « En fait, tout le monde l’a connue ou avec la prothèse ou sans la prothèse. Quand elle va à la piscine, elle enlève la prothèse. Donc, elle est très à l’aise avec et sans. Elle ne dit jamais non, même pour l’escalade. Si on lui qu’elle ne peut pas le faire, elle le fait. Elle fait les premières voies, elle les fait. »

Après, la skieuse le reconnaît, sur la neige, son équilibre n’est pas le même que celui des compétiteurs valides. Et surtout, elle perd du temps au départ, dans le portillon, quand il faut pousser sur son bâton. Alors quand elle a 13 ans, on lui propose de participer à la coupe de France handisports à Vars, près de chez elle. Et là, elle raconte dans le podcast Tribune et Podium, surprise : « Ma découverte, je pense que je m’en souviendrai toujours. Je n’avais quasiment jamais vu personne en situation de handicap dans mon petit village ; il faut déjà monter jusque là-haut ! J’arrive et je vois des gens qui skient en fauteuil, des gens qui skient sur une jambe qui skient avec un seul ski, des malvoyants qui suivent des personnes les yeux fermés. En fait, c’était une compétition de ski comme les autres, chaque personne ayant une particularité. Je découvrais les coefficients… Je ne connaissais rien. Alors, j’ai juste skié et profité. »

Aurélie Richard profite donc, comme d’habitude, et tout de suite elle est repérée. A 13 ans seulement, alors qu’elle n’avait jamais envisagé le haut niveau, elle intègre l’équipe de France. Elle rêve alors de 2022 et des jeux paralympiques de Pékin, mais ratée, mauvaise chute, c’est le genou qui prend, rupture des ligaments croisés. Le coup est dur, mais ça ne l’arrête pas. En 2023, à 17 ans, elle devient vice-championne du monde en descente et en slalom. L’année suivante, elle se blesse l’autre genou, toujours le ligament croisé, ça rééquilibre les choses, s’amuse-t-elle. Et elle se relève, les jeux de Milan Cortina sont les premiers de celle qui se verrait bien un jour gendarme ou bien prof de sport. Sûrement pas les derniers. Évidemment, elle vise 2030, en France. Elle est ici dans le podcast de zone bleue : « Quand on voit les jeux de Paris qui ont très bien marché avec tous les Français derrière, on a juste envie que ce soit pareil pour les jeux de 2030. Être en France, avec la famille, les français qui sont tous derrière, j’ai trop hâte d’y être. »

Aurélie Richard ajoute avec l’enthousiasme qui la caractérise, et pourquoi pas les J.O. de 2034. En effet, elle n’aura que 28 ans.

C’était le portrait d’actu signée Anne Lamotte pour France Info avec ce matin, la skieuse paralympique, Aurélie Richard.

Et cet article paru ce dimanche 15 mars dans le Dauphiné Libéré

Et pour finir, l’article d’Apolline Merle sur France Info après la première médaille :

« Cette médaille va la lancer idéalement dans sa semaine » : on a vécu la médaille d’argent d’Aurélie Richard avec ses proches lors des Jeux paralympiques 2026

La jeune skieuse des Hautes-Alpes est devenue, samedi, vice-championne paralympique de descente à seulement 20 ans, en remportant la première médaille française de ces Jeux de Milan Cortina.

On la décrit comme « un rayon de soleil ». Au milieu des montagnes de Cortina, Aurélie Richard a brillé de mille feux. La skieuse de 20 ans, qui participe à ses premiers Jeux paralympiques, a terminé deuxième de la descente femmes, samedi 7 mars, dans la catégorie debout, devant ses plus fervents supporters, sa maman Nadège Richard, aux côtés de son beau-père, André Bles.

Avec leurs nombreux drapeaux tricolores et leurs chapeaux en forme de coqs bleu, blanc, rouge, ils n’auraient manqué pour rien au monde ce moment.« C’est la première fois que nous la voyons en compétition. C’est beaucoup d’émotions. J’essaie de ne penser à rien, pour vivre le moment à fond », confie Nadège, 53 ans, secrétaire de mairie à Ceillac (Hautes-Alpes), en s’installant en tribunes.

« C’est le monde à l’envers, c’est la fille qui rassure la maman »

« J’étais un peu stressée ce matin. Aurélie m’a envoyé un message pour me rassurer. Elle m’a écrit : « c’est le jour J, tu dois être stressée mais tout va bien se passer ». C’est le monde à l’envers, c’est la fille qui rassure la maman », s’amuse Nadège Richard, déjà émue avant même le début de la course. Preuve que le moment n’est pas anodin, Marie Bochet, cheffe de mission de la délégation française, rejoint les proches d’Aurélie à quelques minutes de son départ, pour suivre la course avec eux. L’octuple médaillée d’or paralympique en profite pour leur donner quelques nouvelles de la benjamine de l’équipe de France, avec qui elle a pu échanger avant sa course.

Alors qu’Aurélie Richard s’élance dans la descente, les proches de la skieuse se crispent, le stress prenant le dessus. « Allez, allez, c’est parti. Elle est bien lancée, commente sa maman au fur et à mesure du tracé. C’est bon ou pas ? », interroge-t-elle ensuite Marie Bochet qui scrute les intermédiaires. « Elle est bien, elle est devant pour le moment », lui répond l’ancienne athlète. Plus le silence se forme autour d’eux et les mâchoires se serrent sur quelques petits déséquilibres d’Aurélie. « Ça y est, on la voit. Allez Auré ! », s’exclament en chœur ses supporters. « Elle a bien skié », la rassure Marie Bochet. « Je suis très fière d’elle, c’est génial. Je ne sais pas encore quel est son classement, mais je suis très contente », réagit sa maman, soulagée d’avoir vu sa fille franchir la ligne sans encombre.

« J’ai toujours l’angoisse de la voir tomber, alors je suis soulagée de voir qu’elle est allée au bout sans souci, sur la discipline qu’elle adore. C’était un grand moment à vivre. » Nadège

Reste encore à savoir si la Française prendra l’or ou l’argent. Nadège Richard ne décroche pas le regard de l’écran géant, afin de suivre la course de la principale concurrente d’Aurélie, la Suédoise Ebba Årsjö, déjà double médaillée d’or à Pékin en 2022, et en bronze sur la descente. « Elle va être devant Aurélie », craint Nadège, qui se penche vers ses voisins pour demander une confirmation du résultat.

Une première médaille pour sa première course paralympique

C’est bien Ebba Årsjö qui est sacrée championne paralympique de descente devant Aurélie Richard (+1’71). « Ce n’est pas grave, deuxième, c’est quand même génial. Ce sont ces premiers Jeux, sa première course. Cette médaille va la lancer idéalement dans sa semaine », assure Nadège Richard, qui essaie de croiser le regard de sa fille, alors en interview à quelques dizaines de mètres. « Elle est émue mais elle rigole donc tout va bien », assure la maman. Pendant que Nadège et André répondent aux nombreux messages reçus, des supporters italiens viennent les féliciter et les embrasser pour la médaille de leur fille.

Une fois les obligations médiatiques terminées, Aurélie Richard traverse les tribunes pour rejoindre ses proches et courir dans les bras de sa maman. « Félicitations, je suis trop contente. Médaille d’argent ! », la félicite sa maman. « Tu as eu peur, non? », interroge Aurélie, qui connaît déjà la réponse. « Oui, mais Marie [Bochet] m’a rassurée », lui répond Nadège, au large sourire et aux yeux encore humides, avant de lui transmettre tous les messages de félicitations des proches et des habitants de Ceillac, le village où a grandi Aurélie.

« C’était incroyable. Je visais l’or clairement. Aujourd’hui, ce n’est ‘que’ la médaille d’argent mais c’est quand même une belle médaille, confie Aurélie Richard, auprès de franceinfo: sport. Je me suis régalée. Je me suis bien fait peur à un endroit mais je suis arrivée en bas comme ma mère m’a dit », rit-elle.

« Marie Bochet a été très présente à mes côtés aujourd’hui. Cela a été un vrai plus. Elle a su me rassurer pour que je puisse me donner à fond dans cette descente. » Aurélie

« Cela me fait plaisir d’ouvrir le compteur de la délégation française, et j’espère que mes coéquipiers vont continuer sur la même lancée », ajoute la nouvelle vice-championne paralympique. Arthur Bauchet a, lui, pris l’argent un peu après. « Cette première médaille donne le ton pour la suite de la semaine, et je montre à mes adversaires que je suis bien là, et que je vais aller chercher une médaille sur chaque course », prévient Aurélie Richard.

Article écrit par Michel C.
Brush